La parabole des nombrils

Cela me tracasse beaucoup, dit Dieu, cette manie qu’ils ont
de se regarder le nombril au lieu de regarder les autres.
J’ai fait les nombrils sans trop y réfléchir, comme un tisserand
qui arrive à la dernière maille et qui fait un noeud, comme ça,
pour que ça tienne, à un endroit qui ne paraît pas trop…
J’étais trop content d’avoir fini! L’important pour moi,
c’était que ça tienne… Et d’habitude ils tiennent bon, mes nombrils.
Mais ce que je n’avais pas prévu, ce qui n’est pas loin d’être
un mystère pour moi, c’est l’importance qu’ils accordent à ce
dernier petit noeud, intime et bien caché.
Oui, de toute ma création, ce qui m’étonne le plus et que
je n’avais pas prévu, c’est tout le temps qu’ils passent
à se regarder le nombril à la moindre contrariété, au lieu
de regarder les autres, au lieu de voir les problèmes des autres.
Vous comprenez, j’hésite, je me suis peut-être trompé?
Mais si c’était à refaire, si je pouvais faire un rappel
général comme en font les grandes compagnies de voitures,
je le leur placerais en plein milieu du front.
Comme cela au moins, ils seraient bien obligés
de regarder… le nombril des autres.

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